Véritable phénomène de mode, le crowdfunding est devenu une industrie à part entière, représentant aujourd’hui plus de 1250 plateformes de financement participatif à travers le monde*. Ha oui, ça laisse du choix… d’autant que l’Europe en compte, à elle seule, près de 50% ! Alors, comment s’y retrouver dans cette constellation de plateformes et surtout, laquelle choisir ?  Crowdfunding Galaxy vous éclaire, suivez le guide !

Comment choisir sa plateforme? Crowdfunding Galaxy vous répond.

La première réflexion à mener repose sur deux critères : la nature de votre projet et la manière dont vous allez le financer. Pour ce faire, vous allez tout d’abord définir la thématique de votre projet. Dans quel secteur d’activité ou catégorie vous situez-vous ?

S’agit-il d’un projet artistique, d’un nouveau concept-store, d’un objet super high-tech révolutionnaire ? Ou plutôt d’une collecte pour les antilopes du Kazakhstan en voie de disparition, d’une levée de fonds pour un nouveau club de football à dimension artistique, voire le tournage d’un film porno dans l’espace ? Oui, les projets les plus divers et les plus ambitieux peuvent être finançables sur une plateforme de crowdfunding, à l’exception bien sûr de ceux qui enfreignent les lois civiles.

S’inscrire précisément dans une thématique constitue donc une première étape importante car elle vous permettra de savoir si vous êtes éligible ou non par une plateforme. En effet, beaucoup de sites de crowdfunding basés sur la contrepartie avec nature par exemple refusent les projets de charité ou de mécénat qu’ils laissent précisément aux plateformes orientées don.

Les 5 modèles de la finance participative

Une fois votre thématique définie, vous allez à présent faire un choix parmi les 5 grands modèles actuels du crowdfunding : le don, la contrepartie en nature, la prévente, le prêt et la prise de participation au capital.

# Financement participatif par le don

Comme son nom l’indique, le contributeur participe au financement du projet sans attendre de contrepartie en retour, tel un mécène. Vous l’aurez deviné, ce type de crowdfunding s’adresse plutôt à des projets à finalité sociale, caritative et solidaire. Le critère retenu appelle à la sensibilisation et à la générosité du donateur, acquis à la cause.

Toutefois, des mesures incitatives peuvent être mises en place pour susciter le don. A l’instar des contreparties, ces « récompenses » seront d’ordre plus symbolique, telles une reconnaissance personnelle du contributeur via son nom cité ou inscrit au projet, une invitation VIP à un événement, une rencontre avec les protagonistes, etc. Un détail tout de même: la valeur de la « contrepartie » ne peut pas excéder 25% du montant du don.

 

# Financement participatif avec contrepartie en nature

En fonction du montant versé, le contributeur reçoit des contreparties en nature et en lien avec le projet. Ce type de crowdfunding se prête à tout projet matériel ou immatériel, quelle qu’en soit l’industrie ou la thématique. Les collectes peuvent s’élever de quelques centaines d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros voire plus (en cas de production cinématographique, de prototype high-tech, etc.). Aujourd’hui, on y retrouve, parmi les porteurs de projets, une majorité de particuliers mais aussi des TPE et petites PME souhaitant poursuivre le développement de leurs activités, sans être liées financièrement à un tiers.

4 systèmes coexistent en terme de collecte avec contrepartie en nature:

  • la règle du « tout ou rien » (all or nothing). Comme son nom l’indique, elle vous oblige à réussir votre campagne, c’est à dire à atteindre les 100%. En cas d’échec, le porteur de projet se retrouve à la case départ, sans un euro récolté. C’est le système le plus répandu.
  • la règle du presque « tout ou rien ». Variante de la précédente, cette règle accorde une tolérance au porteur de projet en lui octroyant le montant de sa collecte à partir de 90% levés.
  • la collecte flexible (keep it all). Peu importe que votre jauge atteigne ou non 100%, chaque euro collecté vous sera définitivement acquis. Intéressant donc mais en cas de non succès, les frais de commission de la plateforme seront (beaucoup) plus élevés. Eh oui, on ne peut pas tout avoir…

 

  • la collecte par paliers. A chaque objectif atteint, le porteur de projet est assuré de recevoir le montant du palier totalement financé.

# Financement participatif par prévente

Ce type de modèle est une légère variante du crowdfunding avec contrepartie en nature. Pour un montant de contribution unique cette fois, il n’offre qu’une seule récompense, à savoir l’objet (encore à produire) en prévente. Ici aussi, des mesures incitatives peuvent être mises en place pour susciter la conversion de l’internaute en contributeur, comme numéroter cette première série de production, proposer un prix d’achat réduit par rapport au futur prix de vente, etc.

# Financement participatif par prêt

Il s’agit du modèle de financement le plus prisé à travers le monde.* Le principe est très simple : des particuliers prêtent une somme d’argent à d’autres particuliers, entreprises ou associations, pour une durée limitée, avec ou sans intérêts versés aux investinautes. Ce modèle ne concerne pas seulement le prêt. Il est question également de crédit en tous genres voire de micro-crédit pour les acteurs dans l’humanitaire.

# Financement participatif avec prise de participation au capital

Ce modèle  s’adresse essentiellement aux jeunes startups prêtes à décoller (phase d’amorçage) ou aux PME souhaitant développer leurs activités à plus grande échelle. On parle ici non plus de donateur ou de contributeur mais bien d’investisseur (investinaute) qui, moyennant un certain montant consenti, devient actionnaire via des titres, des actions ou des intérêts.

En effet, il existe 3 sous-modèles :

  • Participation aux bénéfices (revenue sharing): le porteur de projet propose aux investinautes de partager les bénéfices moyennant un investissement de départ (direct ou dans une société coopérative par exemple). Le partage du revenu net sera redistribué entre les investisseurs-associés en fonction de leur apport. C’est le cas notamment des plateformes de partage de profit (coédition de livre, coproduction de film ou musique). Ce profit peut aussi revêtir d’autres formes qu’une redistribution d’argent comme, par exemple, un tarif réduit à l’achat des produits voire des produits offerts régulièrement.
  • Participation par actions détenues directement: le porteur de projet ouvre son capital aux investinautes et met en place un pacte d’actionnaires.
  • Participation par actions détenues indirectement: le porteur de projet ouvre son capital à un fonds de placement dans lequel l’investinaute possède un lot d’actions qui lui généreront des dividendes (rémunération versée en contrepartie de son investissement).

En règle générale, les plateformes de financement participatif proposent un modèle unique. Cependant, il existe des variantes comme les plateformes multiples (qui proposent elles-mêmes le choix entre les différents modèles) et les structures hybrides qui combinent des caractéristiques de plusieurs modèles (contrepartie-prêt ou prêt-prévente par exemple).

D’autres modèles tendent également à se développer, telles les plateformes de parrainage ou d’apport de services. Les contributeurs n’y donnent plus d’argent à proprement dit mais s’engagent à fournir leurs propres compétences ou services dans des domaines divers et variés (comptabilité, mise à disposition de locaux, etc.).

Plateforme généraliste vs plateforme spécialisée

Maintenant que vous êtes décidé sur la manière dont vous allez financer votre projet, vous devrez encore faire un choix quant au type de la plateforme, à savoir:

  • généraliste: la plateforme propose des catégories diverses et variée (par exemple: accueil de projets en art,  entreprenariat, édition, musique, etc.)
  • spécialisée: la plateforme place le focus sur une catégorie unique (par exemple: accueil de projets en BD uniquement)
  • thématique: la plateforme propose plusieurs catégories s’inscrivant dans un ensemble homogène (par exemple: accueil de projets localisés dans une zone géographique ou accueil de projets en conformité avec une éthique religieuse)

A ce stade, la question est toujours d’actualité: comment bien choisir sa plateforme de crowdfunding? Au risque de vous apporter une réponse de normand, le choix entre une plateforme généraliste et une plateforme spécialisée ne dépendra que de vous, de la manière dont vous vous sentirez à l’aise au niveau de la navigation sur le site et de la confiance qu’elle vous inspirera. En somme, les premiers éléments que prendront également en compte vos futurs contributeurs… Pour rappel, une des grandes qualités d’un porteur de projet en crowdfunding est l’empathie.

Bien sûr, les plateformes généralistes disposent d’une plus grande notoriété publique, ce qui est logique. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant qu’il faille délaisser les autres types de plateformes drainant habituellement moins de trafic et donc, moins de projets financés ou en cours de collecte. Car n’oubliez pas, le financement de votre projet par des inconnus ne représente qu’une petite portion de la somme totale à lever. Ce n’est donc pas ce critère qui doit prévaloir dans votre choix.

Les 3 cercles de communauté en crowdfunding

Les 3 cercles de communauté en crowdfunding

En outre, une plateforme spécialisée, certes moins fréquentée, offrira en revanche le gros avantage d’attirer des internautes déjà sensibilisés à votre cause ou à l’industrie dans laquelle vous évoluez. Elle fera donc le travail à votre place en terme de définition de groupe-cible pour la communication et la promotion de votre projet. Un atout non négligeable…

Enfin, ne vous fiez pas aveuglément aux pourcentages annoncés en grandes pompes sur certaines plateformes. Il s’agit parfois d’informations tronquées reprenant le montant total « collecté » et non « reversé ». Souvenez-vous, dans la règle du « tout ou rien », les porteurs de projet qui ont échoué sont repartis bredouille! Ce sont donc les collectes abouties (100% minimum) qui, statistiquement, sont à considérer. Et encore… Vous pourrez constater que les pourcentages de fonds reversés ne correspondent pas au taux de succès, lui-même à pondérer avec des paramètres (invérifiables) tels que l’efficacité du comité de sélection des projets ou encore les bases sur lesquelles le créateur de projet a monté sa campagne. En d’autres termes, votre réussite, vous ne la devrez qu’à une bonne préparation, c’est à dire une phase de pré-lancement sérieusement travaillée, ainsi qu’à une tribu fidèle. Donc, ne vous leurrez pas avec des statistiques… même si certaines plateformes jouent respectueusement la carte de la transparence comme Ulule.

Un modèle de financement, un type de plateforme, mais encore…

D’autres critères entrent également en ligne de compte pour bien choisir sa plateforme et diffèrent selon les sites de crowdfunding.

Considérez sérieusement la géolocalisation de la plateforme en fonction de la nature de votre projet car il s’agit d’une variable qui impactera le deuxième et surtout troisième cercle de communauté. Vous éviterez par exemple une plateforme américaine pour un projet purement local, voire national, sauf si vous êtes dans un secteur de niche déjà développé outre-Atlantique. Mais dans ce cas, n’oubliez pas d’offrir une version bilingue (français-anglais) du projet et des contreparties ainsi que des commentaires et mises à jour. Ne le faites que si vous disposez d’une bonne connaissance écrite de l’anglais. Dans le cas contraire, vous pourriez passer pour un véritable amateur et ainsi déforcer votre projet.

Les conditions générales sont également à lire avec attention. Certaines plateformes n’autorisent en effet que les résidants du pays à s’inscrire. De même, les créateurs de projets plus artistiques ou soumis à brevet, ainsi que ceux relevant du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle, seront particulièrement vigilants quant à cette problématique.

Et le nerf de la guerre, encore et toujours!

Et le nerf de la guerre, encore et toujours!Le dernier critère (et non des moindres) à prendre en compte sont les frais que prélèvent les plateformes sur le montant total collecté… ou non! Il peut s’agir d’une commission (de 2% à 10% en fonction des plateformes), d’un abonnement mensuel, voire annuel (pour les serial porteurs de projet) ou d’un montant fixe prédéterminé. A noter également que certaines plateformes facturent des frais (plusieurs pourcents du montant) en cas de collecte non aboutie afin de prévenir les abus et les montants fantaisistes. A ces coûts d’hébergement viennent également s’additionner les frais de virement bancaire (Paypal, organisme de crédit, etc.) s’élevant eux aussi à plusieurs pourcents.

Quant à la fraude…

Sur ce marché en pleine expansion et balbutiant en termes d’encadrement légal, il convient pour les créateurs de projet d’être particulièrement vigilants quant au choix d’une jeune plateforme (les plus anciennes ayant déjà leur réputation construite). Afin de ne pas se laisser berner, vous veillerez à vérifier les principales caractéristiques qui constituent une plateforme de financement participatif, à savoir:

  • la visibilité et l’accessibilité de tous les projets de la plateforme (tant ceux en cours que ceux dont la collecte est terminée)
  • la transparence des informations de chaque projet: la présentation, les mises à jour, les commentaires, …
  • l’opportunité de naviguer sur tout le site de la plateforme sans inscription préalable (attention aux pratiques de hameçonnage)
  • les mentions légales avec nom et adresse de la société (obligation légale européenne), les éventuels agréments,  les conditions générales avec le ou les modes de paiement, la Foire Aux Questions (FAQ), …

Si l’un de ces éléments devait manquer à l’appel, méfiez-vous et, en cas de doute, abstenez-vous. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne les plateformes françaises de crowdfunding par prêt ou avec prise de participation au capital. Celles-ci ont l’obligation, depuis l’ordonnance de mai 2014, de disposer du statut IFP (intermédiaire en financement participatif) ou CIP (conseiller en investissement participatif). En Belgique, le flou juridique reste de rigueur…

Pour les indépendants invétérés

Il existe enfin une dernière option : créer sa propre mini-plateforme de levée de fonds. Ce système a le gros avantage de percevoir 100% du montant total collecté, ce qui représente parfois une somme non négligeable en cas de grosse collecte. Toutefois, la création d’une plateforme indépendante sous-entend quand même un certain degré de compétences en matière de ressources informatiques ainsi qu’un certain professionnalisme en marketing et communication pour attirer les internautes et leur inspirer suffisamment confiance afin de parvenir à la fameuse conversion internaute-contributeur.

Et vous, comment avez-vous choisi votre plateforme de crowdfunding? Quels conseils donneriez-vous aux fundonautes qui souhaitent se lancer?

* source : Massolution, Crowdfunding Industry Report – Market trends, Composition and Crowdfunding Platforms

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